CONF’ : Autour de la Roya

Una counferença qu’ai fach, lou mès passat, à Brelh, per la visita de l’ambassadrissa de frança à Mounacò. Ai fach aquela en dialet d’Outre-Var per aquelu que an pas la fourtuna de parlà la lenga noustrala. Vi la douna couma aco:
 

Conférence sur la Roya

 

La Vallée de la Roya (Val Roja) est, historiquement, sans doute, la plus importante du pays Niçois

Ce n’est pas, contrairement à la pensée largement répandue,  la vallée fluviale la plus à l‘est de notre pays car il y a aussi, plus à l’est, la vallée de la Nervia (actuellement sous administration italienne) qui fit partie du Comté de Nice.

Quelques dates historiques :

2000 ans avant notre ère apparition, au nord de la Roya,  de la « civilisation du Bego »

1000 avant notre ère, arrivée des Ligures par le Nord de la Roya

400 ans avant notre ère arrivée des Celtes par le Nord de la Roya.

Je rappelle, pour mémoire, que les territoires de la Roya n’étaient pas, à l’origine,  dans la Provence Orientale qui se dédiât à la Maison de Savoie en 1388 mais qu’ils étaient alors  sous la dépendance des souverains de Vintimille et de Tende. En fait, nous  notons la présence d’une famille prestigieuse, liée à l’histoire de cette vallée, les Lascaris. C’est par  le mariage d’Eudoxie Lascaris, sœur de Jean Lascaris, empereur de Byzance, avec Pierre 1° de  Vintimille que cette noble famille fit son apparition dans notre histoire. On peut encore voir les ruines du château d’Eudoxie au-dessus de Castellar. Il y eut plusieurs branches de Lascaris (ceux de Vintimille, ceux de Castellar et ceux de Tende) dont les armoiries représentent l’aigle à deux têtes, symbole impérial en Europe (Cf.  le Saint Empire Romain Germanique.) que l’on retrouve dans l’entrée du palais Lascaris à Nice. C’est Anne Lascaris de Tende, dernière Comtesse de Tende, sans descendance, qui offrit son territoire à son époux, René de Savoie en 1501, lequel va entamer le processus d’intégration du Comté de Tende dans le Conté de Nice.

Cette vallée fut une des routes du sel dans notre pays Niçois. Elle deviendra, par la suite, la Route Royale qui partait de la place Garibaldi à Nice, en passant par la Porte de Turin, hélas démolie depuis pour aller jusqu’à Turin, capitale des états de la Maison de Savoie, en passant par le col de Tende et Cuneo. L’itinéraire était à l’origine un simple chemin muletier, appelé alors « route du Sel ». Son aménagement est décidé en 1610 et achevé en 1741 ; la route est rendue carrossable en 1780 et définitivement accessible en 1830. Elle traversait les villes de La Trinité-Victor, Drap, L’Escarène, Sospel, Breil, Saorge-Fontan et Tende.

À Nice, une section de la D2204 porte toujours le nom de route de Turin : elle prolonge l’actuelle avenue de la République et se termine à hauteur de la bretelle de l’autoroute Nice est.

Nous avons encore, plus ou moins conservés,  de nombreux témoignage de cette époque révolue dans les gorges de la vallée (grandes plaques gravées) et dans les relais de poste (Breil, Saorge-Fontan et Tende) où l’on changeait les attelages.

Toutes ces villes que je viens de citer, qui bénéficiaient de la taxe prélevée sur le sel (la « gabelle »), purent, par ce moyen, ériger des édifices religieux magnifiques qui font encore partie des trésors de notre Patrimoine et plus particulièrement du baroque qui est la caractéristique de cette vallée.

Je rappelle que cette vallée est celle où passe, également,  la ligne historique internationale de chemin de fer Nice-Turin, dont l’avenir, aujourd’hui,  est incertain mais que tous les défenseurs de notre patrimoine veulent voir pérenniser. Cette ligne est d’ailleurs indispensable pour les populations actuelles de notre vallée.

Ces bâtiments religieux de la Vallée de la Roya abritent un grand nombre d’œuvres des peintres primitifs niçois ….ou plutôt des peintres des Alpes méridionales car tous les ateliers de peinture durant ce siècle d’or, entre le milieu du XVe et le milieu du XVIe siècle, ont travaillé entre Piémont, Ligurie du ponant et Conté de Nice, dont les frontières étaient alors pratiquement inexistantes et les délimitations pour le moins floues.

Nous avons, à cet égard, dans notre vallée, à la Brigue, une des plus belles chapelles qui soit, Notre-Dame-des-Fontaines.

Elle contient des tableaux de Giovanni Canavesio, entre autres La Crucifixion,  qui date de 1492,  Canavesio est  originaire de Pignerol (Piémont) où il se serait établi et aurait été apprécié dès 1450. En tant que prêtre, il va occuper des fonctions religieuses à Albenga entre 1472 et 1477 et y exercera ses talents artistiques (façade du Palais épiscopal, loggia communale, chœur de la cathédrale). En 1480 il va venir travailler à Nice.
Entre 1485 et 1490 (associé à Jean Baleison) décoration de la chapelle Saint Sébastien à Saint Etienne-de-Tinée et  la chapelle Saint Bernardin à Triora.
Ce sont ces  deux-là qui vont  participer au monumental décor de Notre-Dame des Fontaines à La Brigue. Mais je vais m’en tenir à ces quelques propos car je sais que l’on va vous faire découvrir cette merveille un peu plus tard.

Nous avons aussi, des bâtiments religieux remarquables à Breil et Tende pour ne citer que les villes de la Roya.

Je vous avais parlé de la « civilisation du Bego » qui a duré mille ans à peu près et qui a laissé des traces indélébiles dans ce lieu mythique que l’on appellera plus tard « Vallée des merveilles »  Nous  trouvons dans ces lieux, qui étaient craints des peuplades de l’époque (on y vénérait le Dieu taureau et la déesse mère, le Bego avec son sommet nimbé de nuages, inquiétait les populations et les noms des lieux parlent d’eux-mêmes –la Cime du Diable, la Valmasque… ;etc.) De plus cette civilisation représente une révolution dans le mode de vie de ces peuplades antiques qui de cultivateurs, puis éleveurs devinrent agriculteurs passant du statut de nomade à celui de sédentaire. L’entrée de cette vallée des merveilles, se fait, côté Roya, par Casterino. Vous avez aussi un remarquable musée des Merveilles à Tende qui abrite une exposition permanente sur le site préhistorique et des expositions temporaires toutes plus intéressantes les unes que les autres.

Robert Marie Mercier

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